الفا تحة

الفا تحة

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

الْحَمْدُ للّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

الرَّحْمـنِ الرَّحِيمِ

مَـالِكِ يَوْمِ الدِّينِ

إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ

اهدِنَــــا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ

صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ




1. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

2. Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

4. Maître du Jour de la rétribution.

5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.

6. Guide-nous dans le droit chemin,

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 07:54

Modifié le mardi 09 janvier 2007 05:18

DJAZAIR prehistoire 1.800.000 à 7.500 ans

DJAZAIR prehistoire 1.800.000 à 7.500 ans


Bien que l'histoire elle-même soit un agrégat de périodes, il est important de noter que celle-ci est elle aussi précédée d'une protohistoire et d'une préhistoire. Afin de présenter l'évolution d'un passé qui débouchera sur l'histoire, cette partie de l'article retrace brièvement la fin de la préhistoire de l'Algérie.

Les premières traces de peuplement d'hominidés en Algérie remonteraient à environ deux millions d'années av. JC.


Site d'Aïn El Hanech
Le site d'Aïn El Hanech, dans la wilaya de Sétif est considéré comme le plus ancien gisement archéologique d'Afrique du Nord.

L'âge des vestiges est évalué par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de l'apparition de l'Homo habilis.


Site de Tighennif
Le site acheuléen de Tighennif (anciennement Ternifine), dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est évalué entre 800 000 et 400 000 av. JC. Parmi ces vestiges, composés essentiellement d'ossements animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les ossements d'Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope, aujourd'hui considéré comme un Homo erectus.

L'Atlanthrope avait un cerveau plus petit que celui de l'homme moderne et une mâchoire plus puissante, et il était un contemporain d'autres variantes de l'Homo erectus telles que le Pithécanthrope de l'île de Java. L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de nourriture. Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et des hachereaux ainsi que plusieurs autres outils.

Il disparaît vers 250 000 av. JC. En effet, c'est vers cette période, que l'Homo erectus disparaît après près de 2 millions d'années d'existence (probablement en évoluant vers Homo heidelbergensis en Europe). Le peuplement de l'Algérie se composera alors exclusivement d'Homo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occuperont le Maghreb central pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. JC, soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen. À partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. JC, l'Acheuléen cède la place à l'Atérien.



La civilisation atérienne (- 50 000 a – 7 500 ans)

Peinture rupestre du Tassili datant d'environ 10 000 ans.La civilisation atérienne dont plusieurs vestiges furent retrouvés sur le site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa, dure d'environ – 50 000 ans jusqu'à la révolution néolithique vers 7 500 av. JC. Durant cette période, vers 20 000 av. JC, de fortes pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, créant ainsi un climat très humide, et favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Atériens chassent en grands nombres.

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence des armes probablement de chasse, très raffinées, faites de pierre, de bois et même de cordage, ce qui donne à penser qu'une civilisation très active habitait le site de Bir el-Ater. Les premières industries de fabrications de pointes de lances au Maghreb seront introduites par les Atériens et seront appelées Oraniennes (également Ibéromaurusienne). Ces industries semblent être apparues vers 15 000 ans av. JC aux alentours d'Oran, dans l'Ouest algérien, avant de se propager sur toute la côte maghrébine durant les 5 millénaires qui suivent.

La civilisation atérienne disparaît vers 7 500 av. JC, lors de la révolution néolithique. L'Homme de Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo sapiens archaïques aient produit les outils atériens.

Avec la révolution néolithique apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leurs nourritures grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouchera sur la civilisation capsienne.

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 10:23

Modifié le dimanche 07 janvier 2007 10:40

DJAZAIR protohistoire -7.500 ans à 2.000ans

DJAZAIR protohistoire -7.500 ans à 2.000ans


La civilisation capsienne: (-7500 à –2000)

Peintures rupestres au Tassili n'AjjerLa civilisation Capsienne, ancêtre des Berbères, apparaît avec la révolution du Néolithique entre 9000 et 7500 av JC et durera jusqu'à l'apparition de l'âge du fer vers 2000 av JC. Les Capsiens, ancêtres directs des Numides Berbères, apparaissent dans le sud constantinois d'abord, avant de se répandre dans l'ensemble du Maghreb. Les Capsiens qui habitaient des campements faits de huttes et de branchages s'installaient généralement sur des sites à proximité d'un oued ou d'un col montagneux. À cette époque la plupart du Maghreb ressemblait à une savane, comme en Afrique de l'Est aujourd'hui, avec des forêts méditerranéennes uniquement en haute altitude. Les Caspiens furent les premiers au Maghreb à domestiquer les ovins, ils fabriquèrent divers objets, y compris des objets d'art décoratif et des bijoux, tels que des colliers à partir de coquillages marins et diverses peintures abstraites et figuratives. Les Capsiens se nourrissaient d'ovins et de bovins, ainsi que de produits agricoles, mais également d'escargots. En effet de vastes dépôts de coquilles vides d'escargots datant de l'époque capsienne furent retrouvés, notamment à Mechta Sidi El Arbi dans la wilaya de Constantine. Du point de vue anatomique les Capsiens étaient composés de 2 types raciaux : les Mechta Afala et les Proto méditerranéens dont certains pensent qu'ils auraient émigré de l'est. La culture Capsienne est reconnue par les historiens linguistes comme étant l'ancêtre moderne des langues berbères en Afrique du Nord, et la décoration de poterie capsienne est d'une grande ressemblance avec la décoration moderne de poterie Berbère. Peu de choses sont connues de la religion des Capsiens. Toutefois, leurs pratiques funéraires suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort, de par la présence de monticules de pierres, et de peintures figuratives. Vers 3000 avant JC les Capsiens commencèrent à migrer au sud de l'Atlas tellien et s'installèrent au-delà de l'actuel Batna et progressivement jusqu'au confins du Sahara qui se situait à l'époque plus au Nord, vers l'actuel Tamanrasset. Durant cette même période le Sahara s'est rapidement asséché, devenant un désert extrêmement aride, et resta ainsi jusqu'à ce jour. L'Algérie n'ayant pas connu l'âge du bronze, a l'instar de toute l'Afrique, la civilisation Capsienne survivra jusqu'au début de l'âge du fer, avec l'apparition des fournaises vers 1500 avant JC. Les Capsiens ayant migré au Sahara laisseront derrière eux des peintures rupestres magnifiques comme celles du Tassili N'adjjer datant de la période -5000 à –1500 ou celles de la région d'El-Bayadh et témoignant du mode de vie, de la chasse, de l'agriculture et des rites Capsiens, ainsi que de l'assèchement complet du Sahara qui commença à partir de –3000 et coïncida avec leur période. L'aridité du désert qui a suivi cette civilisation a permis de conserver naturellement ces œuvres dans des musées à ciel ouvert et cela à travers plusieurs millénaires. Aujourd'hui le contraste entre la luxuriance de la faune peinte sur ces peintures et l'aridité actuelle du désert du Sahara renforce encore leur attrait historique et artistique. Malheureusement, ces peintures sont de nos jours menacées par la fréquentation touristique des sites rupestres du Sahara et les dégradations qui en découlent.
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# Posté le dimanche 07 janvier 2007 10:31

DJAZAIR antiquité -1.250 ans à 250 ans

DJAZAIR antiquité -1.250 ans à 250 ans
Période :
L'histoire de l'Algérie dans l'antiquité est marquée par l'émergence des royaumes de l'Âge de Fer qui s'étaleront sur une période d'environ 1500 ans. Ces royaumes seront d'abord les Gétules au sud du pays, et la fondation des comptoirs Phéniciens au Nord, ensuite les Garamantes et finalement les Numides.


L'Algérie des Gétules :
Le peuple Gétule, descendant direct de la branche de la civilisation capsienne ayant émigré au Sahara vers 3000 av. JC est certainement le peuple qui aura dominé de la façon la plus certaine l'Algérie durant les 1500 ans de son antiquité. Ils étaient selon l'historien grec Strabon le peuple le plus nombreux d'Afrique du Nord, mais également le moins connu.

Parmi les plus anciennes références aux Gétules sont vraisemblablement celles des Carthaginois qui indiquent que le prince des Gétules proposa d'épouser Élyssa (ou Didon pour les Romains), la reine fondatrice de Carthage (actuelle Tunisie) vers l'an 815 avant JC.

Toutefois il est à noter que des références en Égypte ancienne de certaines tribus Gétules remontent jusqu'à 1350 av. JC environ sous le règne d'Akhénaton de la XVIIIe dynastie qui parlent de commerce de bétail avec ce peuple. Les Gétules sont probablement à l'origine également du calendrier berbère qui commence vers 943-949 avant JC. Le début de ce calendrier ferait suite à la victoire d'une coalition de Gétules sur les Égyptiens. Cette coalition, formée par les tribus Gétules du Maghreb est partie du sud ouest algérien, renforçant ses effectifs en cours de route partout où elle passait au Maghreb. La coalition dirigée par Sheshonq (nom berbère) qui aurait vaincu le pharaon Psousennès II et fondé la XXIIe dynastie en se proclamant pharaon. Sheshnaq aurait poursuivi ensuite sa percée vers le Moyen-Orient après avoir renforcé sa coalition en Égypte, il se mit à conquérir plusieurs territoires en Syrie, Palestine, Phénicie (actuel Liban) et dans le Royaume d'Israël. Il se pourrait que ce chef Gétule de la tribu des Machaouach soit également le personnage biblique mentionné dans l'Ancien Testament.

Les Gétules étaient de remarquables cavaliers et des nomades à l'origine qui se concentraient dans les oasis du Sahara central algérien. Il est probable que les Gétules aient découvert le cheval par le biais des Égyptiens, qui l'avaient eux-mêmes découvert par le biais des peuples d'Asie centrale. Il est également probable que les Gétules fussent poussés à suivre un lent flux migratoire vers le Nord, inversement à leurs ancêtres Capsiens, par la désertification progressive du Sahara et leur nombre croissant. En tout état de cause au fil des siècles les Gétules développèrent une cavalerie efficace, et devinrent un peuple nomade migrant du Sahara vers le Nord de l'Afrique en suivant deux routes principales. L'une sera celle des Gétules orientaux qui les mènera vers Chella, l'actuelle Salé au Maroc, et l'autre sera la route qui les mènera du désert vers Madaure (actuelle Mdaourouch dans la wilaya de Souk Ahras). Les Gétules concentrés autour de ce qui est aujourd'hui les territoires des Nememchas dans l'actuel Souk Ahras et Tébessa seront ainsi le premier peuple nomade en Algérie à remonter du désert vers le Nord pour exercer une pression sur les occupants des terres là-bas. En effet plus d'un millénaire après eux, les Berbères Sanhadja imiteront le même mouvement. Les Gétules pasteurs nomades et guerriers se sont longtemps contenté de mener des razzias occasionnelles contre les populations sédentarisées du Nord du pays tout en étant perpétuellement en mouvement. Toutefois entre le Ve et le IIIe siècle, leur puissante cavalerie, leur nombre impressionnant ainsi que leur naïveté politique fait qu'ils commencent à devenir l'objet de convoitise stratégique de la part des acteurs politiques de la région.

Lorsque la première guerre punique éclate en 264 av. JC le général carthaginois Hannibal Barca les engage comme mercenaires à ses côtés. La principale raison était que la marine carthaginoise était dans un état si lamentable que Hannibal avait décidé de prendre la route jusqu'aux piliers d'Hercule (actuelle Gibraltar), il engagea la cavalerie Gétule pour l'accompagner. Celle-ci se révélera non seulement apte à traverser le Maghreb rapidement et sans problème, mais elle se révèle également d'une efficacité redoutable dans les campagnes de Hannibal de l'autre côté de la Méditerranée, à commencer par ses campagnes en Ibérie.

Deux siècles plus tard, les Gétules avaient acquis une grande expérience dans la guerre, mais surtout une forte expérience dans l'art de négocier leur force mercenaire. C'est alors qu'en 107 av. JC le roi Jugurtha des Numides, combattant l'armée romaine fera à son tour appel aux services des Numides. Les Gétules avant d'accepter, proposeront à Rome de faire mieux, le consul Marius offrira à ces derniers la promesse de leur livrer des terres Numides ainsi que la citoyenneté romaine en échange de leur soutien. Les Gétules combattront ainsi aux côtés des Romains. En 103 avant JC, Jugurtha sera vaincu. Les Gétules obtiendront alors la citoyenneté romaine en grand nombre et de grandes propriétés terriennes, confisquées à l'État numide défait, aux côtés des soldats Romains qui obtiendront chacun 252 hectares de terre. Rome cherchant à profiter au maximum de cette opération offrira des terres Numides en bordure avec la Maurétanie aux Gétules de sorte à consolider la frontière de leur nouvelle conquête.

La sédentarisation soudaine des Gétules sur les terres confisquées ne sera pas facilement acceptée par les populations Numides défaites. Les Gétules continueront de soutenir les Romains pendant près d'un siècle pour écraser les révoltes populaires, allant jusqu'à participer en 19 av. JC à la répression d'une révolte aux côtés de Lucius Cornelius Balbus Minor. Cette révolte déclenchée à une échelle impressionnante avait enflammé toute l'Afrique du Nord de la Maurétanie à la Cyrénaïque (actuelle Libye) en passant par les territoires Garamantes au Sahara et Numides dans le Nord. Mais Balbus et ses alliés Gétules réussirent à l'écraser.

Après un siècle de sédentarisation, la pratique de la cavalerie gétule finit par disparaître, et le peuple Gétule avec. La distribution des terres éparpilla le peuple Gétule, et sa sédentarisation contribua à la disparition de sa cavalerie. Le peuple Gétule se fondit ainsi dans les populations du Nord de l'Algérie. Rome avait ainsi réussi un coup de maître en amadouant les Gétules et en les poussant à la disparition par la sédentarisation, car il ne fait aucun doute que les Gétules auraient constitué une menace sérieuse pour la colonisation romaine en Algérie particulièrement aux frontières Sud. Vers l'an 250 après JC, plus aucune référence n'existe au sujet de la culture et du peuple gétule.

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 11:09

DJAZAIR antiquité -1.250 ans à 250 ans

DJAZAIR antiquité -1.250 ans à 250 ans
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Les comptoirs Phéniciens en Algérie (-1250 à -146)
Les Phéniciens dans leurs efforts d'étendre leur réseau commercial dans tout le bassin méditerranéen commencèrent à essayer d'établir des contacts avec les populations du Nord de l'Algérie des 1250 avant JC. Après la fuite de la princesse Elyssa au Maghreb oriental (actuelle Tunisie) qui y fonde Carthage en 814, les Carthaginois essayeront de pousser leurs navires jusqu'en Ibérie (actuelle Espagne).

Les côtes du Maghreb parsemées de hauts-fonds et de récifs étant difficiles à naviguer pour les navires primitifs des Carthaginois, ces derniers fondèrent avec l'accord des populations locales avec lesquelles ils entretenaient des liens commerciaux des comptoirs tous les 30 à 40 kilomètres le long de la côte algérienne, une distance équivalente à une journée de navigation par la mer. C'est ainsi que les comptoirs phéniciens de Annaba, Skikda, Collo, Jijel, Béjaïa, Dellys, Alger, Tipaza, Cherchell, Tenes, Bettioua et Ghazaouet seront établis. Ces comptoirs joueront un rôle aussi crucial dans le commerce en Méditerranée, que dans l'évolution des cultures locales par le biais des échanges d'idées et de communications. Ces comptoirs serviront quelques siècles plus tard aux Numides qui vont les occuper puis aux Romains qui les coloniseront et les utiliseront pour la conquête de l'Algérie. Les Carthaginois réussiront si bien dans leur commerce qu'ils établiront des comptoirs même a l'intérieur des terres au Nord de l'Algérie au sein de localités existantes telles que les comptoirs de Sarim Batim, que les Numides appellent Cirta (actuelle Constantine) ou Tiddis a 17 kilomètres de Cirta.


Le Sahara Garamantes (-500 à l'an 500)
Les Garamantes étaient un peuple qui a dominé le Sahara durant un millénaire pendant l'Antiquité d'environ -500 avant JC à 500 après JC. La question de leur origine exacte reste toujours posée et il existe deux hypothèses à l'heure actuelle. La première voudrait que les Garamantes seraient les cousins des Gétules et des descendants directs des Capsiens, mais qui contrairement aux Gétules n'auraient pas émigré vers les côtes méditerranéennes et qui seraient restés sur place dans le désert pour occuper l'endroit après la migration des Gétules vers le nord. L'autre hypothèse voudrait que les Garamantes soient un peuple venu d'une autre région que le Sahara (Afrique sub-saharienne ou Asie). L'utilisation toutefois des caractères Tifinagh par les Garamante, ainsi que la similitude entre l'art Garamante et l'art Capsien, et finalement la similitude entre les cavaleries Garamante et Gétules indiquent probablement que les Garamantes seraient des descendants de Capsiens et cousins des Gétules qui se seraient à leur tour sédentarisés au Sahara plutôt qu'au Nord.

Cela étant dit, le terme Garamante viendrait du nom de leur capitale Tagharma, qui signifierait en berbère ancien (proche du capsien) « citadelle fortifiée ». Tagharma, ou Garama en version gréco-latine serait la Djerma moderne. Les Garamantes seraient originaires de la région du Fezzan (en Libye actuelle) et auraient fondé un royaume s'étendant sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés dans le Sahara couvrant des parties de l'actuelle Algérie, Libye, Mali, Tchad et Niger. La géographie de leur royaume, l'habileté de leurs guerriers et cavaliers, l'utilisation du Tifinagh, ainsi que la domestication du dromadaire n'est pas sans rappeler l'actuelle confédération des Touaregs, et il est probable que les Garamantes fussent leurs ancêtres directs, bien que cela n'est pas confirmé.

Le royaume des Garamante vivait du contrôle des routes sahariennes et avait établi des routes commerciales entre l'Afrique sub saharienne et la Méditerranée. Les Garamantes ont combattu constamment du Ve siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. les peuples noirs de l'Afrique sub-saharienne pour affirmer leur contrôle de ces routes de commerce. Ils développèrent également l'agriculture aux alentours de leurs oasis fortifiées et devinrent ainsi un peuple très puissant et leur souveraineté s'étendait du Tchad au Fezzan, et du Tassili à Gao au bord du fleuve Niger. L'historien grec Hérodote (IV.183) écrivit environ 50 ans après le début de leur règne ce qui suit à propos de ce peuple saharien :

«À dix jours de voyage d'Augila, il y a également une colline de sel et une source d'eau, les palmiers y poussent abondamment comme ils le font près des autres collines de sel. Cette région est habitée par un peuple appelé Garamantes, un peuple très puissant qui recouvre le sel avec de la boue pour y semer ensuite ses cultures. C'est là que la route est la plus courte vers le pays des Lotophages, un voyage de trente jours. Dans le pays des Garamantes, on trouve des taureaux qui lorsqu'ils paissent marchent à reculons. Ils agissent ainsi parce que leurs cornes s'avancent tant vers l'avant de leur tête que, s'ils avançaient en paissant, leurs cornes se planteraient dans le sol. Ce n'est qu'en cela qu'ils diffèrent des autres taureaux, ainsi que par l'épaisseur et la dureté de leur cuir. Les Garamantes ont des chariots attelés a quatre chevaux, sur lesquels ils pourchassent les Éthiopiens Troglodytes qui, de tous les peuples dont l'écho ait pu parvenir à vos oreilles, est celui dont les pieds sont, de loin, les plus rapides. Les Troglodytes se nourrissent de serpents, de lézards et d'autres reptiles du même genre. Leur langage, contrairement à celui des autres peuples, ressemble à des couinements de chauve-souris... »

Le peuple éthiopien Troglodyte auquel Hérodote fait allusion est installé aujourd'hui dans le massif du Tibesti, et forme maintenant l'ethnie des Toubous. La cavalerie Garamante se distinguait au Maghreb par le fait qu'elle utilisait massivement le char tiré par un quatuor de chevaux. Les Garamantes menèrent quelques fois des attaques contre leurs voisins du nord également, notamment les Gétules, les Carthaginois et les Numides. Toutefois leur plus grande défaite leur sera infligée par l'Empire romain, qui soutenu par les Gétules et sous la direction de Balbus, consul d'Afrique de Rome envahira leur royaume et occupera leur capitale Tagharma (Garama). Les Garamantes maintiendront une certaine autonomie malgré l'occupation, grâce notamment à l'étendue du Sahara et à leur retour à des traditions nomades. Les Garamantes se révolteront et soutiendront même la révolte de Tacfarinas dans le nord du pays au début du premier siècle, mais Rome finit tout de même par vaincre et son influence et sa tutelle deviendra considérable sur ce peuple Saharien au point que lorsque l'Empire adopte la religion chrétienne les Garamantes feront de même vers l'an 400. Les Garamantes disparaîtront progressivement des références historiques à partir de cette date, pour plusieurs raisons. D'une part à la mort de l'Empereur Théodose Ier de Rome, l'Empire romain sombre dans une période de troubles internes et les Garamantes retrouvent leur indépendance, et d'autre part leur royaume ayant été brisé, ces derniers ne mèneront aucune action concertée politique ou stratégique jusqu'à l'avènement de l'Islam trois siècles plus tard, époque à laquelle ils ne s'appellent déjà plus les Garamantes

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 11:30